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Négocier nécessite une confiance réciproque

Deux années de travail, des mois de cacophonie, un haut-commissaire aux retraites soupçonné de conflits d’intérêts, 800 000 français dans la rue : le bilan immédiat du Président de la République sur la réforme des retraites est consternant.

Le discours du Premier ministre a confirmé toutes les craintes et les doutes sur l’objectif essentiellement comptable de la modification d’un des piliers de notre pacte social, unissant ainsi le front syndical : âge de la retraite repoussé à 64 ans, pénibilité sous-estimée, pension minimale faible, inéquitable pour les femmes… La situation actuelle et à venir confirme que les Français repoussent déjà à 63,5 ans et bientôt 64 leur demande de retraite. 

Alors pourquoi un âge pivot imposé à 64 ans ? Pour diminuer par un malus toutes les demandes qui seront effectuées avant 64 ans !

Si le Président de la République nous rappelle que la réforme des retraites était à son projet, il doit se souvenir aussi qu’il a bénéficié au second tour d’un front Républicain en sa faveur. Ce n’était en aucun cas la validation totale de son programme essentiellement libéral et sa mise en application brutale et verticale. Il doit rapidement réunir les partenaires sociaux, revoir en profondeur sa copie et surtout, clarifier financièrement des déclarations de principes. 

Quid de la pénibilité, des sorties progressives du travail ? Ces sujets sont repoussés à de futures négociations et l’absence d’évaluations financières de cette réforme renforce le climat de méfiance. Toute négociation nécessite une confiance réciproque. Mendes et Rocard le savaient bien. Il ne suffit pas de les évoquer pour créer ces conditions.